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L’épouvante c’est quoi ?

L’épouvante est un cas très particulier. Il y a manifestement une littérature d’épouvante : des livres sont publiés sous cette étiquette, des auteurs comme Stephen King (pour ne pas le nommer) y sont associés et quand on ouvre un roman d’épouvante, on peut s’attendre à des scènes effrayantes, à un sentiment de malaise — doublé d’un plaisir coupable!

La littérature d’épouvante raconte des choses effrayantes. Le but est de faire peur au lecteur, ou à tout le moins de lui donner un petit frisson, une petite poussée d’adrénaline semblable à celle qui nous pousse à essayer une montagne russe… et à recommencer !

Seulement, comme la littérature d’épouvante peut s’enraciner indifféremment dans le fantastique, la science-fiction et la fantasy, voire dans des genres réalistes comme le polar, j’ai tendance à ne pas y voir un genre en soi. Je considère plutôt l’épouvante comme un sous-produit, une extension des littératures de l’imaginaire. De réduire l’épouvante à une sorte de non-genre ne plaira pas aux amateurs et aux auteurs de cette catégorie, mais cela n’empêche pas celle-ci d’exister et de revendiquer une étiquette.

Adolescent je dévorais les romans d’épouvante, et c’est même dans ce genre que j’ai écrit mes premiers textes. Je l’avoue, je continue d’en lire et je regarde toujours des films d’horreurs avec le plus grand plaisir, collé contre mon conjoint. Je dois avouer que mon approche de ce genre a beaucoup changé avec le temps. Au début, quand je réfléchissais à une histoire d’épouvante, je pensais d’abord aux éléments horrifiques et ensuite je pensais à l’histoire. Aujourd’hui, je fais l’inverse : je pense d’abord à une histoire fantastique, de science-fiction ou de fantasy. Si, naturellement, l’intrigue conduit à des éléments horrifiques, je les inclus. Pour moi, les meilleurs films et romans d’épouvante sont des histoires fantastiques ou de science-fiction qui possèdent des éléments horrifiques, des éléments qu’on ne peut retirer sans altérer l’ensemble. À l’inverse, les histoires pensées en fonction de l’horreur seulement m’apparaissent toujours soit grotesques, soient branlantes — l’auteur ayant mis plus d’ingéniosité à bâtir des éléments horribles plutôt qu’une intrigue…

C’est la manière dont j’envisage l’épouvante, mais rien ne vous empêche d’avoir une autre vision. Il y a après tout une littérature horrifique, dont certaines oeuvres sont de grande qualité. Ce que je crois en revanche, pour avoir lu et commenté beaucoup de textes s’inscrivant dans la catégorie « épouvante », c’est que l’auteur ne doit pas négliger son intrigue au profit des scènes horribles. À quoi sert un monstre génial et bien pensé si l’histoire est risible? C’est un peu comme les effets spéciaux au cinéma : ceux-ci ne font pas un bon film, mais l’histoire et les personnages, si.

 

Concepts-clés

  • Éléments horrifiques.
  • Connexion avec la fantastique, la science-fiction et la fantasy.
  • Connexion avec des genres plus réalistes (ex.: polar).
  • Étiquette commode.

 

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