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La fantasy, c’est quoi ?

Votre récit comporte un élément extraordinaire pour le lecteur, mais pas pour vos protagonistes. Si cet élément extraordinaire est extraordinaire en apparence et qu’il est, dans le récit, expliqué par la magie, et que cette magie appartient aux lois fondamentales de l’univers où le récit a lieu, vous êtes dans la fantasy. En fantasy, l’extraordinaire et la magie sont compatibles avec les lois de la nature, mais pas celles de l’univers du lecteur : celles de l’univers où évoluent les protagonistes.

Pour justifier l’existence d’un système de lois magiques, les récits de fantasy vont souvent se situer dans un monde secondaire, relié ou non au nôtre, dans laquelle la magie fait partie des lois dites « naturelles ».

Concepts-clés

  • Élément extraordinaire.
  • Compatibilité avec les lois naturelles du monde où se situe l’action.
  • Recours à la magie pour expliquer l’extraordinaire.
  • La magie appartient aux lois naturelles du monde où se situe l’action.
  • Recours à un monde secondaire relié (ex.: le monde de Narnia) ou non (ex.: la Terre du Milieu) à celui du lecteur.

 

Exemples de romans de fantasy

  • Le livre des chevaliers, d’Yves Meynard.
  • Le voleur des steppes, de Joël Champetier.
  • Montréel, d’Éric Gauthier.
  • La série Amos Daragon, de Bryan Perro.
  • Perdido Street Station, de China Miéville.
  • Stardust, de Neil Gaiman.
  • Le cycle du Trône de Fer, de G.R.R. Martin.
  • La série Harry Potter, de J.K. Rowling.

 

1. Mon grain de sel…

Qui dit « fantasy » pensera sans doute au Seigneur des anneaux de Tolkien. Mais la fantasy est beaucoup plus. Si la fantasy la plus commune présente des univers calqués sur l’Europe moyenâgeuse, on recense beaucoup de romans qui s’inspirent d’autres époques et d’autres cultures : ainsi, Avatar the Last airbender combine la chine ancienne, la révolution industrielle et un système magique basé sur les quatre éléments, le tout dans un monde à la géographie manifestement non-terrienne. Perdido Street Station de China Miéville reprend plusieurs traits de l’époque victorienne dans un monde alternatif déjanté, peuplé de créatures étranges. Neil Gaiman, enfin, n’hésite à truffer notre propre réalité d’êtres bizarres et excentriques. Sans oublier J.K. Rowling et le monde d’Harry Potter, qui présente une cohérence dont on ne peut que s’inspirer!

Personnellement, la fantasy m’intéresse plus quand elle joue avec d’autres époques et d’autres références que l’Europe du Moyen Âge.

 

2. Sous genres de la fantasy

Tout comme la science-fiction, la fantasy peut se décliner en plusieurs facettes, selon les thèmes abordés et les types d’univers où ont lieu les récits. Plusieurs classifications des sous-genres de la fantasy existent, vous en trouverez de très intéressantes sur le Web. Ici, je vous en cite trois.

La première est issue de l’ouvrage de Manfrédo sur la science-fiction, déjà cité2 :

Heroïc Fantasy : l’épopée guerrière d’un héros solitaire dans les univers archaïque de la fantasy.

Merveilleux : récits se déroulant dans des temps fabuleux, dans des mondes totalement imaginaires, où le surnaturel conditionne harmonieusement le réel.

Space Fantasy : courant où la science et la technologie de la science-fiction rencontrent la magie et les modes de pensées de la fantasy.

La seconde vient de l’ouvrage de Lainé et Delzant, déjà cité3 :

La dark fantasy est un sous-genre présentant des personnages plus désespérés, moins héroïques.

Le conte a souvent une portée morale. Peter Pan ou Harry Potter entrent dans cette catégorie.

Le merveilleux, où réapparaissent les figures classiques du conte de fées (sorcières, licornes), est assimilé au folklore et aux légendes.

L’asiatic fantasy est un sous-genre qui explore l’esthétique de la Chine et du Japon médiévaux.

Enfin, Jacques Baudou4 offre un panorama des plus intéressants : l’heroic fantasy, la fantasy épique, la fantasy urbaine, la fantasy humoristique, la fantasy arthurienne, la fantasy animalière, la fantasy exotique… Sans oublier les « mavericks », les oeuvres originales et parfois inclassables, comme celles de Neil Gaiman. L’intérêt de l’ouvrage de Baudou, outre son exhaustivité, réside aussi dans l’extension de l’étude de la fantasy à l’art, aux films et aux jeux vidéo.

 

3. quelques définitions de la fantasy

JEAN PETTIGREW ET CLAUDE JANELLE5

Fiction cohérente, située dans notre monde ou dans un monde sans relation avec le nôtre, qui intègre un ou des éléments qui, pour le lecteur, sont irrationnels, mais dont la présence ne provoque aucune rupture de la normalité chez le protagoniste puisqu’ils sont rationnels dans son univers propre.

ÉDITIONS LES SIX BRUMES6

L’action se situe dans un monde irréel. Les phénomènes surnaturels sont présentés comme naturels dans la fantasy. L’histoire se déroule généralement au passé. Exemple : Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter, Amos d’Aragon, Star Wars (eh oui, c’est un univers magique, très différent du nôtre!), Conan le Barbare.

PATRICK MARCEL7

La fantasy, elle, regroupe les fictions dépeignant le surnaturel dans un autre monde matériel que le nôtre, un monde qui présente souvent des disparités radicales avec celui que nous connaissons. Mais il pourra également lui ressembler en surface. Au lecteur de déceler les points de divergence et de juger en fonction d’eux. Dans un roman de fantasy, la population dans son ensemble admet sans discuter l’existence de la magie, par exemple. […] Notons que la fantasy, tout comme la science-fiction, aborde plutôt les liens qui unissent l’individu à la société qui l’entoure, tandis que le fantastique traite de problèmes individuels, d’une métaphysique intime de l’individu, de ses rapports avec le réel : la vie, la réalité et la folie, la mort….Il représente un refug instinctif face à l’angoisse […].

STÉPHANE MANFRÉDO8

[La Fantasy est un] genre voisin de la science-fiction qui se situe dans le passé. Il développe des récits d’aventures et d’initiation marquée par la magie.

JACQUES BAUDOU (d’après Thymm, Boyer et Zahorski)9

La fantasy est un genre littéraire composé d’oeuvres dans lesquelles des phénomènes surnaturels, irrationnels jouent un rôle significatif. Dans ces oeuvres, des événements arrivent, des lieux ou des créatures existent, qui ne peuvent arriver ou exister selon nos standards rationnels ou nos connaissances scientifiques. […] La magie joue dans la fantasy un rôle essentiel, crucial (encore que réduit dans certaines oeuvres) : on a souvent comparé la science-fiction et la fantasy en remarquant que le rôle joué par la magie dans cette dernière équivaut à celui joué par la science dans la S.-F.

 

 
Références

1. La description de la fantasy fournie dans cette rubrique n’est évidemment pas sortie de ma tête. Elle est une synthèse personnelle d’éléments glanés çà et là au fil de mes lectures. On pourra voir des liens entre mes idées et les définitions données à travers cette rubrique.

2. Tiré de : Manfrédo, S. (2005). Idées reçues : la science-fiction. Paris : Le Cavalier Bleu : 123-124.

3. Tiré de : Lainé, J.-M. & S. Delzant. (2007). La création d’un univers de fiction. Paris : Eyrolles : 52. (http://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/la-creation-d-un-univers-de-fiction-9782212120769)

4. Voir : Baudou, J. (2009). L’encyclopédie de la fantasy. Éditions Fetjaine.

5. Janelle, C. (2011). Le Daliaf. Dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française. Lévis : Alire : xi.

6. Éditions Les Six Brumes. FAQ. Récupéré le 2015-01-06 à : http://www.sixbrumes.com/foire-aux-questions/

7. Marcel, P. (2002). Atlas des brumes et des ombres. Paris : Gallimard : 12-13.

8. Manfrédo, S. (2005). Idées reçues : la science-fiction. Paris : Le Cavalier Bleu : 123.

9. Baudou, J. (2009). L’encyclopédie de la fantasy. Éditions Fetjaine : 9-10.

 

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