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Le fantastique, c’est quoi ?

Votre récit comporte un élément extraordinaire pour le lecteur et, peut-être, pour vos protagonistes. Si cet élément extraordinaire est extraordinaire en apparence et qu’il est, dans le récit en infraction avec les lois naturelles, vous êtes dans le fantastique. En fantastique, l’extraordinaire est incompatible avec les lois de la nature. Il constitue une transgression susceptible de perturber, voire rendre fou le protagoniste. Guillaume Voisine, l’éditeur de Brins d’éternité, propose une analyse intéressante de la manière dont le protagoniste confronté au fantastique réagit devant un élément surnaturel, suggérant le passage du personnage à travers des étapes psychologiques précises (choc, négation, détresse, adaptation/inadaptation, réorganisation)2.

Comme élément fantastique, on pourrait citer en exemple l’irruption d’un démon, d’un sorcier, d’un vampire ou d’un loup-garou dans notre monde contemporain.

Concepts-clés

  • Élément extraordinaire.
  • Incompatibilité avec les lois naturelles.
  • Aucune explication « scientifique » pour expliquer l’extraordinaire.
  • L’extraordinaire, s’il est expliqué, l’est au moyen de forces dites « surnaturelles ».

 

Exemples de romans fantastiques

  • Sur le seuil, de Patrick Senécal.
  • Le cycle des Cités intérieures, de Natasha Beaulieu.
  • La mémoire du lac, de Joël Champetier.
  • Le dernier loup-garou, de Glen Duncan.
  • Hypérion, de Dan Simmons.
  • Ghost story, de Peter Straub.
  • Shining, de Stephen King.

 

1. Mon grain de sel…


Un récit fantastique implique l’idée d’un phénomène qui transgresse les lois de la nature tant pour le lecteur que les personnages. Cette transgression n’est pas une raison pour écrire n’importe quoi, par contre. Si vous situez une histoire fantastique à Montréal, vous devez décrire cette ville avec assez de vraisemblance pour qu’on croie se trouver à Montréal. De même, on ne peut faire l’impasse sur une psychologie rigoureuse des personnages. Un texte fantastique me semble d’autant plus efficace que l’environnement où survient l’élément extraordinaire paraît justement rationnel, ordinaire, semblable à celui du lecteur…

Aussi, il existe des récits fantastiques où l’élément extraordinaire est si subtil, qu’on ignore, à la fin, si le récit est vraiment fantastique ou non. Le Horla de Maupassant, par exemple, qui raconte l’histoire d’un homme harcelé par une entité invisible, nous offre une conclusion ambiguë : à la fin, on hésite entre conclure que le protagoniste est fou (et se croit hanté par le Horla) ou bien sain d’esprit (et réellement hanté par le Horla). Beaucoup de films fantastiques présentent le même genre de subtilité, mais souvent à cause de leur budget restreint qui les oblige à prendre des raccourcis scénaristiques ou à peu montrer de créatures (faute d’effets spéciaux). Si certains de ces films fonctionnent très bien, d’autres m’apparaissent peu intéressants, puisqu’on y passe de longues minutes à attendre des éléments fantastiques qui ne viennent pas. Je préfère les récits où l’élément fantastique est franc, sans ambiguité.

Or, beaucoup de jeunes auteurs, inspirés par ce cinéma, écrivent des récits qui m’apparaissent bâclés : les monstres ne sont jamais montrés et les éléments fantastiques jamais développés à fond. Les auteurs se contentent de clichés et d’histoires superficielles. Seulement, si les réalisateurs ont l’excuse des restrictions budgétaires, l’auteur n’a aucune raison pour limiter son imagination et ses intrigues…

Bref, si vous vous essayez au fantastique, ne prenez pas les films comme référence absolue !

 

2. quelques définitions du fantastique


JEAN PETTIGREW ET CLAUDE JANELLE3

Fiction cohérente, située dans notre monde, qui intègre un ou des éléments dont l’intrusion provoque, tant chez le lecteur que chez le protagoniste, une rupture de la normalité, et qui ne propose aucune explication rationnelle de cet élément ou de son intrusion.

ÉDITIONS LES SIX BRUMES4

L’action se situe dans le monde réel. L’avènement d’un phénomène surnaturel en est la caractéristique principale. Le doute est permanent dans le fantastique. L’histoire peut se dérouler dans le passé, le présent ou le futur. Exemple : Le Mythe de Cthulhu de H.P. Lovecraft, les nouvelles de Edgar Allan Poe.

PATRICK MARCEL5

[Le Fantastique concerne] un récit de fiction mettant en jeu des événements surnaturels. Par surnaturel, nous entendons des phénomènes qui contredisent les lois physiques couramment admises dans notre univers. Le surnaturel représente un ajout, une fabrication superposée à la structure de ce monde réel.

JEAN-MARC LAINÉ ET SYLVAIN DELZANT6

Le fantastique montre comment l’étrange et l’inexpliqué jaillissent dans le monde quotidien.

 

Références


1. La description du fantastique fourni dans cette rubrique n’est évidemment pas sortie de ma tête. Elle est une synthèse personnelle d’éléments glanés çà et là au fil de mes lectures. On pourra voir des liens entre mes idées et les nombreuses définitions de la science-fiction données à travers cette rubrique.

2. Voisine, G. (2009). Les cinq phases du processus fantastique. Accédé le 2015-01-06 à : http://guillaumevoisine.blogspot.ca/2009/11/les-cinq-phases-du-processus.html

3. Tiré de : Janelle, C. (2011). Dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française. Lévis : Alire : xi.

4. Tiré de : Éditions les Six Brumes. FAQ. Récupéré le 2015-01-06 à : http://www.sixbrumes.com/foire-aux-questions/

5. Marcel, P. (2002). Atlas des brumes et des ombres. Paris : Gallimard : 11-12.

6. Lainé, J.-M. & S. Delzant. (2007). La création d’un univers de fiction. Paris : Eyrolles : 52. (http://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/la-creation-d-un-univers-de-fiction-9782212120769)

 

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