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1. Quelle est la différence entre une nouvelle et un roman? (Catherine)


Le critère le plus commun pour différencier une nouvelle d’un roman est celui de la longueur. Ainsi, une nouvelle est beaucoup plus courte qu’un roman. Mais à partir de quelle longueur une nouvelle devient-elle roman?

Une revue de l’imaginaire comme Solaris, qui publie des nouvelles, publie des textes ayant un maximum de 8000 mots (bien qu’elle puisse se rendre jusqu’à 12 000 et même plus en certaines circonstances). XYZ et Zinc, deux revues de littérature générale, publient des textes d’un maximum de 5000 mots. Par comparaison, des maisons d’édition comme JCL et Alire fixent, sur leur site web, la longueur minimale d’un roman à 30 000 et 37 500 mots respectivement. Aux 6 Brumes, on considère aussi que 30 000 mots est la limite inférieure pour un roman.

Ce qui soulève aussitôt la question : « Comment appelle-ton un texte situé entre 8000 et 30 000 mots? » Les américains placent deux types de texte dans cet intervalle : la novelette et la novella. La SFWA, par exemple, catégorise ainsi les fictions selon leur longueur :

•      Nouvelle : 7500 mots et moins.

•      Novelette : 7500-17500 mots.

•      Novella : 17500-40000 mots.

•      Roman : 40000 mots et plus.

Il n’existe donc aucune longueur standardisée pour trancher si un texte appartient à la catégorie « nouvelle » ou « roman » Existe-t-il d’autres critères? Oui. La structure d’un roman et d’une nouvelle diffère. La nouvelle se concentrera souvent sur une intrigue et très peu de personnages, sur lesquels on ne livre que les informations utiles au déroulement de l’histoire. Le rythme sera souvent rapide puisque l’histoire doit se conclure au bout de quelques pages, et la fin sera souvent une chute. Le roman en revanche peut se permettre d’explorer plusieurs sous-intrigues, de multiplier les personnages, d’étoffer ces derniers, d’explorer ses idées à fond… La nouvelle est un trajet rapide entre le point de départ et d’arrivée, alors que le roman peut se permettre de faire des détours, de regarder le paysage… (ce qui ne veut pas dire d’ennuyer le lecteur, loin de là). La novelette et la novella se distinguent aussi de la nouvelle et du roman sur ces aspects : quand on passe de la nouvelle à la novelette puis à la novella, on observe une complexification de l’histoire.

Mais tout cela suscite une nouvelle question : ces considérations sont-elles vraiment utiles pour un auteur?

Oui et non, à mon sens. Oui pour l’envoi d’un texte, mais non pour sa rédaction.

Oui, parce que d’une part les éditeurs (revues ou maisons d’édition) spécifient souvent la longueur des textes qu’il veut recevoir, ou applique implicitement les échelles de grandeur mentionnées ci-dessus quand ils affirment « rechercher des nouvelles ». On comprend que pour un éditeur spécifier une longueur aux textes qu’il veut recevoir est utile pour limiter les envois inutiles et pour optimiser son nombre de publications. Au moment de soumettre un texte à un éditeur, savoir ces notions peut empêcher des envois inutiles. Également, ces étiquettes sont bien commodes pour donner à son interlocuteur une idée de la longueur d’un texte.

Non parce qu’il est, de mon point de vue, inutile d’avoir ces catégories en tête au moment de préparer et rédiger une histoire. Développer une histoire en se disant à l’avance « ce sera une nouvelle, donc elle ne doit pas avoir plus de 7000 mots » est la meilleure façon de se limiter et de gâcher un texte.

Un texte doit avoir la longueur qu’il doit avoir. Point. Qu’il appartienne après à la catégorie de la nouvelle, de la novelette, de la novella ou du roman est tout à fait sans intérêt. L’important est que le récit soit complet, que tous les éléments sont là et que les éléments superflus n’alourdissent pas l’ensemble au point de le rendre indigeste. Il m’est déjà arrivé d’écrire des nouvelles pour constater après que même à 7000 mots, c’était un texte incomplet. Il ne fonctionnait pas. J’ai ajouté les éléments qu’il fallait, jusqu’à ce que tout se tienne, et ce n’est qu’après coup que je vérifiais dans quelle catégorie (novelette ou novella) je tombais.

Certains critiques fonctionnent à l’envers : ils commentent des nouvelles-novelettes-novellas en ayant en tête les caractéristiques de la nouvelle (longueur et structure), comme si aucun autre type de texte n’existait et tentent de les plaquer sur l’histoire qu’ils lisent. Résultat : comme le texte qu’ils sont sous les yeux ne colle pas avec les règles qu’ils ont en tête, ils sont déroutés et trempent leur plume dans le vitriol. La question que je me pose est : « Pourquoi chercher à tout prix à juger un texte en fonction de critères pré-établis de la sorte? L’important n’est-il pas que l’histoire fonctionne? Et si on regarde du côté américain, on voit bon nombre de textes « intermédiaires », novellette et novella, qui fonctionnent — je pense aux textes réunis dans certaines anthologies, comme le Nouveau Space Opera chez Bragelonne, et dont tous les textes feraient sourciller les critiques.

En conclusion, je dirais que pour différencier une nouvelle d’un roman, on peut:

1)    S’attarder à la longueur du texte;

2)    Ajouter d’autres catégories de texte (novella et novelette);

3)    S’attarder à la structure du texte;

4)    N’avoir ces aspects en tête que pour la soumission du texte à un éditeur;

5)    Ne pas avoir ces aspects en tête pour la rédaction d’un texte.

 

Références

Éditions Alire. (2014). Soumission de manuscrits. Accédé le 2014-12-14 à : http://www.alire.com/Manuscrits.html

Éditions JCL. (2012). Manuscrits. Accédé le 2014-12-14 à : http://www.jcl.qc.ca/page/manuscrits/

Michaels, M. (2005). Breaking into print : what lenght sells best? Accédé le 2014-12-14 à : http://www.sfwa.org/2005/01/breaking-into-print-what-length-sells-best/

Reynolds, J. (2014). Courriel reçu le 2014-12-14.

SFWA. (2014). Nebula rules. Accédé le 2014-12-14 à : http://www.sfwa.org/nebula-awards/rules/

Solaris. (2014). Guide de soumission pour Solaris. Accédé le 2014-12-14 à : http://www.revue-solaris.com/pour-les-ecrivains/guide-de-soumission/

XYZ. (2014). Protocole de rédaction. Accédé le 2014-12-13 à : http://www.xyzrevue.com/protocole.php

Zinc. (2014). Soumissions. Accédé le 2014-12-14 à : http://www.revuezinc.com/zinc_site_web-index_006.htm

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