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Le fantôme dans le mécha

Solaris184 Le fantôme dans le mécha


Titre original
: Le fantôme dans le mécha

Genre : Science-fiction

Année : 2012

Publication : Solaris 184

Site de l’éditeur : http://www.revue-solaris.com/numeros/184-automne-2012/

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Qua-t-on dit de cette histoire ?

Philippe Aubert-Côté signe, à mon sens, la meilleure nouvelle du numéro. Le fantôme dans le mécha dépasse le carcan asimovien, se place demblée dans une science-fiction plus actuelle avec un langage plus recherché, nous plongeant dans une ambiance beaucoup plus technologique. [] Un peu comme avant, lhomme est censé avoir disparu, laissant sur la planète les robots vivre leur propre existence. Pourtant, leur comportement se rapproche assez de celui de leurs géniteurs. Entre eux, ils ressemblent finalement à des requins ne se faisant pas de cadeaux. [] Originale, elle explore la psychologie des machines livrées à elles-mêmes. Les trois lois peuvent-elle y survivre ?

Yozone

Le fantôme dans le mécha, de Philippe-Aubert Côté : Théo, Rhupan et Néolème sont amis. Et qu'importe s'ils appartiennent à des nations différentes et possiblement ennemies ? Ce beau texte typique de Côté, qui apparemment a le goût de brouiller les frontières entre les espèces, parle de la tolérance et de la communication entre espèces différentes, bien sûr, mais aussi, et c'est sans doute son aspect le plus "asimovien", d'Histoire et d'évolution, tout en brossant le tableau d'une société étrange mais crédible. A mon avis l'un des meilleurs textes de la revue.

Les chroniques de limaginaire

Quelques mots également sur « Le fantôme dans le mécha », de Philippe-Aubert Côté, qui propose une variation originale et surprenante sur le thème des robots. Dans ce texte soigneusement écrit, avec une grande précision dans le style (malgré un tantinet trop dadjectifs), lauteur nous présente Néolème, Rhupan et Théo, des robots unis par de solides liens amicaux. Mais ils devront réfléchir sur la nature des liens qui les unissent à mesure quils feront certaines découvertes

Le voyage insolite

 

 

Que raconte cette histoire ?

Après la disparition des humains, lOctant, un empire composé exclusivement de bio-robots, règne sur un système planétaire orbitant autour dune géante rouge. Sur Anachéron, la deuxième planète du système, Néolème et Théo, les fils du seigneur dIrénosthène, grandissent en compagnie de Rhupan, le fils du chef des Neiji, une tribu de robots guerriers semblables à des samouraïs. Les trois amis se sont jugés fidélité. À l’âge adulte, des négociations entre leurs nations et la découverte du retour possible des humains mettront à mal leur relation

 

Quaimeriez-vous dans cette histoire?

Les clins doeil à Asimov. Le jeu créatif avec la connaissance scientifique récente. Un mode de robots assez bigarré.

 

Doù vient cette histoire?

Le fantôme dans le mécha est un texte que ma commandé Jean Pettigrew à la sortie du Congrès Boréal 2012, à Québec. Pour en détailler la genèse, je préfère reprendre larticle que javais publié à ce sujet sur le blogue « Les carnets du crâne à casquette », le 17 octobre 2014.

Le fantôme dans le mécha est particulier pour deux raisons: 1) c'est le premier texte écrit "sur commande" que je publie et 2) c'est un texte-hommage à Isaac Asimov, un auteur dont j'aimais plus ou moins les écrits qui n'ont pas vraiment bien vieilli, il faut l'admettre, même s'ils ont fait date mais que j'ai appris à découvrir en accomplissant ma revue de littérature pour ce projet. Le bonhomme était des plus fascinants et si son oeuvre n'est pas à imiter, elle mérite qu'on s'y penche un instant en fait, je dirais que tout aspirant-écrivain de science-fiction a le devoir de se pencher sur l'oeuvre d'Asimov à un moment ou l'autre de son cheminement.

Quand on m'a proposé de pondre un texte-hommage à Asimov, j'ai hésité : je n'avais lu que le premier tome de Fondation et le début des Cavernes d'acier, et si j'avais trouvé ces textes faciles à lire, je les trouvais horriblement datés et naïfs. Néanmoins, comme on m'a tout de suite assuré que je n'étais pas obligé de pasticher Asimov mais que je pouvais partir de ses thèmes pour rédiger l'histoire qui me plaisait, j'ai accepté. Une variation sur des thèmes connus, ça, ça me plaisait.

J'ai donc lu Fondation jusqu'à la fin, puis les Cavernes d'acier, plus quelques nouvelles, en plus de me pencher sur les textes que le bon docteur avait lui-même rédigés pour expliquer son approche littéraire. J'ai relu certains passages de la thèse que Kim Stanley Robinson consacre à Philip K. Dick, où il est question d'Asimov et de son époque. J'ai passé en revue ma bédéthèque pour en extraire les albums traitant de robots. Le tout avant de passer quelques heures en bibliothèque (Bibliothèque Nationale et Université de Montréal) pour trouver livres et articles savants sur les dernières recherches en robotique. Principal constat : peu importe la nature du texte, qu'il s'agisse d'un article de vulgarisation ou d'une publication académique pleine d'équations, Asimov est omniprésent : si ses trois lois ne sont pas citées quelque part, le fantôme de son oeuvre surgira inévitablement au détour d'un paragraphe.

En arrière-plan, les étudiants en colère envahissaient chaque soir les rues de Montréal, des carrés rouges partout, et les bruits des casseroles accompagnaient chaque coucher du soleil une fois, je suis sorti sur ma propre terrasse pour y joindre ma marmite à spaghettis, d'ailleurs :-)

Je me demandais quelle histoire rédiger lorsque, dans le métro, j'ai lu un passage intéressant sur la genèse de Fondation : Asimov aurait été, à ce qu'il dit, inspiré par une citation extraite au hasard d'un opéra de Gilbert et Sullivan. Coïncidence, en février, j'avais exploré l'oeuvre des deux compositeurs britanniques après avoir visionné le film Topsy-Turvy (un peu trop long, mais bien fait et avec des acteurs géniaux). Topsy-Turvy relate la création mouvementée du Mikado, réputé comme étant l'opéra le plus célèbre de Gilbert et Sullivan. S'il n'est pas le plus célèbre, le Mikado est sûrement très original : dénué de la magie fréquente dans les autres oeuvres du fameux duo, cet opéra en deux actes propose une histoire située dans le Japon de l'ère Edo, avec des personnages uniquement japonais (quoique réinventés un peu pour les besoins de la pièce).

L'irruption inopinée de Gilbert et Sullivan dans mes lectures sur Asimov m'amusa, puis je me remémorai la visite que j'avais effectuée en juin dernier au musée de Pointe-à-Callière pour admirer la collection du Dr Béliveau sur les samouraïs. Par boutade, je me suis dit "Pourquoi pas une histoire sur des robots asimoviens qui préparent une pièce sur des robots japonais, pendant qu'on y est?" (Le noir assis à côté de moi dans le métro m'a jeté un coup d'oeil de travers, sans doute avais-je parlé à voix haute, et ma remarque, prise hors contexte, n'avait sûrement rien de rassurant...)

Puis là, ça m'a frappé.

Les robots qui ont bercé mon enfance, qui ont marqué ma génération, ils étaient surtout japonais -- soit entièrement comme Astroboy, soit d'inspiration japonaise comme les Transformers, dont j'avais pu écouter les épisodes sur la télévision câblée de ma grand-mère, pendant que celle-ci s'occupait à autre chose dans la maison. Demandez aux gens de trente cinq à vingt-cinq ans : les robots qu'ils ont connus en premier, ce sont les Goldorak et compagnie... Ceux de Star Wars aussi, mais je suis sûr que beaucoup d'entre eux mentionneront spontanément les dessins animés du samedi matin ou de Canal Famille

Alors je me suis dit que j'allais mettre en présence les robots de deux générations: ceux de ma génération, très inspirés par les anime, et ceux de la génération de mes parents et des autres contributeurs du numéro, surtout inspirés par Asimov. Plutôt approprié pour un auteur qui s'est finalement révélé être le plus jeune de ce numéro spécial... :-)

Confronter deux générations de robots (rebricolés par mes soins, certes) a été mon point de départ. J'ai cependant gardé une deuxième contrainte, soit conserver l'une des planètes décrites par Asimov dans Fondation -- en fait, j'ai pris un type de planète que le bon docteur décrivait avec les connaissances de son époque et j'ai actualisé en fonction des découvertes récentes dans le domaine [N.B. il sagissait des « mondes-rubans »]. Puis je suis allé de l'avant en écrivant une histoire qui plairait d'abord à moi.

Cela a donné Le fantôme le mécha que vous pourrez découvrir dans le numéro 184, spécial Asimov, de Solaris.

 

 

Références

 

Côté, P.-A. (2012). Le fantôme dans le mécha : une introduction. Les carnets du Crâne à Casquette. Récupéré le 2014-12-07 : http://philippe-aubert.blogspot.ca/2012/10/le-fantome-dans-le-mecha-une.html

Gélinas, A. (2012). Critique du Solaris 184. Texte dune présentation faite dans le cadre de l’émission radiophonique « Le voyage insolite ». Récupéré le 2014-11-07 à : http://herelys.blogspot.ca/2012/11/le-voyage-insolite-emission-du-5.html

Mureliane. (2012). Critique du Solaris 184. Les chroniques de limaginaire. Récupéré le 2014-12-07 à : http://www.climaginaire.com/index.php/climaginaire/Revue-fanzine/Revue/Solaris-Numero-184

Schnebelen, F. (2012). Critique du Solaris 184. Yozone. Récupéré le 2014-12-07 à : http://www.yozone.fr/spip.php?article15230

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