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Biographie longue

Table des matières

 

 
0) Une tentative d’autobiographie… littéraire[1]

Une autobiographie littéraire… vraiment? Suis-je donc si important pour rédiger une autobiographie à mon âge?

Certes non! Je ne suis qu’un humain insignifiant à l’échelle de l’univers et ma vie est aussi ennuyante que celle de tout le monde. Oh, elle ne l’est pas pour moi et mes proches (et vice-versa), mais on s’entend : je ne sauve pas la planète tous les jours en combattant des super-méchants!

Pourquoi donc proposer ici une mini-autobiographie? Dans l’espoir prétentieux que vous y trouverez quelque chose d’utile. Si vous vous adonnez à l’écriture, vous serez peut-être curieux d’en apprendre sur le cheminement typique d’un écrivain, afin d’examiner votre propre parcours. Si vous êtes un lecteur curieux d’en apprendre plus à mon sujet, la question ne se pose pas. Si encore vous êtes un voyageur égaré sur ce site, eh bien sait-on jamais! Vous apprendrez peut-être des choses amusantes — on apprend toujours au contact des autres!

Surtout, je dois l'avouer, j’ai rédigé une autobiographie littéraire parce qu’à un moment clé de mon cheminement, lire le parcours de vie d’autres auteurs et de bédéistes m’a aidé à persévérer. Si j’aide une seule personne à se rendre au bout de ses rêves, ce sera ça de gagné!

Alors… une autobiographie… Comment fait-on cela?

En commençant par le début, tiens!

 
1) D’où viens-je?

De Chicoutimi[2], au Saguenay, province de Québec, Canada, Amérique du Nord, Planète Terre, Système solaire, Voie Lactée. Si vous êtes un lecteur habitant la Galaxie Andromède, vous apprécierez ma précision!

Je suis né en 1981, de parents musiciens — mon père est tromboniste et ma mère violoniste. Ils ont joué et enseigné la musique pendant des années, aussi ai-je connu l’univers des coulisses de salles de concert et de théâtre. Surtout, ma mère s’est toujours passionnée pour l’archéologie et mon père pour la conquête spatiale.

Mon arbre généalogique connu remonte très loin dans le temps (jusqu’au  17e siècle) et se ramifie jusqu’en France, en Écosse et en Angleterre. Des pans entiers sont vides et le resteront à jamais, puisque je compte des autochtones parmi mes ancêtres (surtout des Montagnais) et qu’aucun d’eux n’a tenu de généalogie. Mon arrière-arrière-arrière-grand-père, le Capitaine Thomas Riverin (1830-1890), commandait un navire baptisée le Thor.

Une lignée ancienne, avec des marins, des lettrés et des parents musiciens qui sont aussi archéologue et astronaute… On s’étonnera après que j’écrive de la science-fiction!

 
2) D’où vient mon prénom?

« Philippe-Aubert », c’est tout mon prénom. « Côté », c’est mon nom de famille. On pense souvent à tort que j’ai un nom de famille composé.

D’où vient ce prénom? D’une boutade de ma grand-mère maternelle (« Mamie »). Avant ma naissance, mes parents avaient listé des prénoms, hésitant sur lequel retenir. Ma mère s’en est alors ouvert à Mamie, qui aurait grimacé devant les choix retenus. « Pourquoi pas l’appeler « Philippe Aubert de Gaspé », pendant qu’on y est? » s’est-elle écrié.

Ma mère trouva cela fort joli et retint cette suggestion involontaire. Forger un prénom composé à partir du prénom et du nom « Philippe Aubert de Gaspé » était prémonitoire : Philippe Aubert de Gaspé Père (1786-1871) et Philippe Aubert de Gaspé Fils (1814-1841) sont considérés comme les deux premiers écrivains québécois. Ils ont aussi, à leur manière, tâté des littératures de l’imaginaire. Je n’ai cependant aucun lien de parenté avec eux.

 
3) Pourquoi la science-fiction ?

Dans le domaine académique on débat sur la classification des genres littéraires. On parle souvent de « paralittérature » et de « littérature générale » pour désigner respectivement les littératures de l’imaginaire (science-fiction, fantastique, fantasy, polar) et le « reste » de la littérature. Sans questionner la pertinence de ces classifications, je ne les utilise pas dans ma réflexion sur la science-fiction. Pour moi, il n’y a que la littérature, celle-ci présentant un millier de visages, chacun d’entre eux correspondant à un genre. Parmi ces visages, certains comblent plus mes aspirations que d’autres, surtout la science-fiction.

C’est durant le primaire, au début des années 1990, qu’est apparu ma passion pour la science-fiction. Après avoir subi l’enseignement religieux alors en vigueur dans les écoles, j’ai découvert L’étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson. Ce fut une révélation! Ce roman expliquait en quelques lignes simples que les êtres humains étaient bons et mauvais, et non  bons ou mauvais — l’impression qui se dégageait de l’enseignement religieux que j’avais reçu était qu’on était soit bon, soit méchant, et qu’on avait intérêt à être du bon côté… Ce constat qu’on fait en grandissant, il venait de m’être apporté par un récit de science-fiction!

2.2.1.3 R L Stevenson

Robert Louis Stevenson (1850-1894)

Par la suite, je découvris les romans d’H.G. Wells (1866-1946). J’avais entendu parler de cet auteur dans le film C’était demain (Time after Time, 1979), où il était interprété par Malcolm McDowell. J’ai découvert ensuite que H.G. Wells non seulement avait vraiment existé, mais qu’il avait popularisé plusieurs thèmes majeurs de la science-fiction: la machine à explorer le temps, l’homme invisible, l’invasion de la terre par les martiens, la création de chimères humain-animal…

Herbert George Wells (1866-1946)

Pour l’anecdote, le lendemain de ma soutenance de thèse, j’ai rencontré Malcolm McDowell à la Comiccon de Montréal et faire dédicacer mon DVD de C’était demain.

2.2.1.3 Phil et Malcolm

Avec Malcolm McDowell, à la Comiccon de Montréal
(Montréal, 10 août 2009)

J’ai dévoré presque tous les livres de science-fiction publié chez Gallimard Jeunesse, sans oublier les bandes dessinées que j’empruntais à la bibliothèque municipale et que mes parents m’achetaient. Bien vite, j’ai voulu fabriquer mes propres histoires de science-fiction. L’impulsion est venue naturellement. Au début, ce que je tapais sur la machine à écrire de ma mère n’était que des « fanfictions », mais c’est une étape bien naturelle pour un futur auteur!

WorldCon NeilGaiman

Avec Neil Gaiman, auteur de fantasy, à la WorldCon
(Montréal, 07 août 2009)

Avec le recul, je réalise une chose : j’ai toujours adoré la science-fiction parce qu’elle traitait de questions qui me préoccupaient. Je me suis toujours interrogé sur le monde qui m’entourait, ce qui a éveillé ma curiosité envers les sciences naturelles (plus tard, je me suis d’ailleurs orienté vers la biologie, à l’Université). Seulement, les sciences naturelles engendraient des applications technologiques capables de bouleverser la société. Il me semblait que la science-fiction abordait ces questions mieux que les autres genres littéraires.

J’avoue qu’au moment d’entrer au Cégep, j’adorais beaucoup l’épouvante et que j’en écrivais beaucoup.L’épouvante que j’imaginais, toutefois, s’enracinait toujours dans la science-fiction. Je rencontrais cependant un problème de taille : je ne parvenais jamais à terminer mes textes…

 
4) Comment ai-je (vraiment) commencé?

Au Cégep, je souffrais toujours du même problème : j’étais incapable de finir mes textes dès que ceux-ci dépassaient les cinq pages. J’étais trop impatient : j’aurais aimé rédiger des romans en trois jours, mais c’était impossible!

Puis en furetant dans la bibliothèque du Cégep, je tombai sur un manuel  intitulé Votre premier roman : comment l’écrire et le faire publier. Écrit par Oscar Collier, un agent littéraire de New York, cet ouvrage pragmatique abordait les aspects concrets de la création littéraire : il expliquait comment écrire sur le long-terme et, surtout, vous faisait prendre conscience de l’importance de la réécriture. Avec Collier, j’ai compris qu’un roman ou une nouvelle 1) ne s’écrit pas en un jour et 2) ne sera jamais présentable dès le premier jet.

WorldCon JohnScalzi

Avec John Scalzi, auteur de science-fiction, à la WorldCon
(Montréal, 10 août 2009)

Une fois cela compris, je tentai la rédaction d’un roman de loup-garou (à la sauce SF). Je l’écrivis à la main, page après page… et parvins à le finir!

Ce fut une étape marquante. Je pouvais vraiment rédiger une histoire sur près de 300 à 400 pages!

WorldCon Copains

Avec Lucas Moreno et Pascale Raud, à la WorldCon
(Montréal, 10 août 2009)

Ce roman de loup-garou ne trouva jamais preneur, ce qui fut une bonne chose : c’était un manuscrit maladroit, aux nombreuses lacunes! Toutefois, sa rédaction et sa proposition à des éditeurs fut une étape formatrice de mon cheminement : je pus expérimenter le processus de soumission et d’attente… et voir qu’on peut survivre à un refus ! Surtout, cela me permit de mettre en pratique la ténacité que doit avoir un auteur : peu importe la réponse d’un éditeur, il faut toujours chercher à s’améliorer. Il n’y a rien de pire pour un futur écrivain, à mon sens, que de rendre l’éditeur entièrement responsable d’un refus et d’avoir le sentiment qu’on n’a rien à se reprocher… Il ne faut pas mélanger ténacité et manque d’auto-critique!

De ma production littéraire de l’époque (Cégep et baccalauréat), surtout des histoires d’épouvante mâtinées de SF, il n’en est resté qu’une montagne de papiers inexploitables. Un seul de ces textes a été publié, dans le fanzine Horrifique. Une montagne de textes, beaucoup de refus, une seule publication… mais je n’ai jamais lâché prise!

 
5) J’ai quand même fait une pause… pour mieux rebondir!

Alors que j’étais étudiant à la maîtrise à l’UQAC, je redécouvrais la bande-dessinée, explorant les titres destinés aux adultes (c-a-d aux intrigues plus complexes) et je lus beaucoup sur la BD. Le parcours d'un bédéiste (dont j’ai malheureusement oublié le nom…) m’interpella : cet artiste, au début de sa carrière, avait essuyé beaucoup de refus, recevant des encouragements, jamais de lettre d’acceptation. Il avait alors décidé de faire une pause : pendant un an, aucune soumission aux éditeurs! Il allait étudier les commentaires qu’on lui avait fait et repenser son style. Quand, passé ce temps, il avait envoyé de nouvelles planches, on l’avait aussitôt publié.

WorldCon YvesMeynard

Avec Yves Meynard, auteur de science-fiction et fantasy, à la WorldCon
(Montréal, 06 août 2009)

J’ai décidé de l’imiter.

J’ai rassemblé toutes mes lettres de refus pour en extraire les commentaires constructifs. Je me procurai Comment écrire des histoires d’Élisabeth Vonarburg, que j’annotai. Au terme de cette pause, je constatai que je n’étais pas à l’aise dans l’épouvante : mes histoires n’étaient que des successions d’effets-chocs plaqués sur des intrigues creuses. Ce qui m’interpellait, c’était la science-fiction… Et après avoir lu Watchmen d’Alan Moore, je commençais à comprendre l’importance d’avoir des personnages fouillés — à l’époque, j’étais aux prises avec le paradigme selon lequel l’intrigue est beaucoup plus importante que les personnages. Je réalisais, maintenant, que personnages et intrigues sont indissociables, les deux s’alimentant mutuellement.

Je commençai à développer un univers de science-fiction que je mis en scène dans une nouvelle intitulée Pièces manquantes. Je la soumis à Solaris en 2006, peu de temps avant de quitter Chicoutimi pour Montréal, afin d’entreprendre des études de bioéthique à l’Université de Montréal.

En 2007, je reçus la réponse de Solaris…

 
6) Un point tournant

…qui refusait Pièces manquantes :-)

Mais ce refus-là fut différent. Joël Champetier avait noté la qualité du texte.  Devant mes questions pertinentes, il me conseilla de participer à l’atelier d’écriture d’Élisabeth Vonarburg. Je contactai Élisabeth, puis après avoir assisté à mon premier Congrès Boréal en avril 2007, je participai à son atelier en mai 2007 — les deux événements à l’Université Concordia.

WorldCon LeBussy

Avec Alain Le Bussy (1947-2010), auteur de science-fiction belge, à la WorldCon
(Montréal, 08 août 2009)

L’atelier d’Élisabeth fut un point tournant. J’y rencontrai des gens formidables, que je compte aujourd’hui parmi mes amis. Mais surtout, j’appris comment questionner mes histoires et les améliorer.

Le texte rédigé pour cet atelier, Le premier de sa lignée, fut accepté par Solaris quelques mois plus tard. Il fut publié l’année suivante. Par la suite, je publiai plusieurs autres nouvelles, dans Solaris, Alibis et Zinc…

Les personnages de Pièces manquantes furent réemployés dans un autre texte, Pour l’honneur d’un Nohaum, qui se mérita le prix Aurora-Boréal de la meilleure nouvelle francophone en 2011.

 
7) Un premier roman

Sans nier l’importance, dans mon cheminement, qu’a eu la rédaction de nouvelles (c’est ainsi que j’ai pu me faire la main) mon ambition a toujours été d’écrire des romans. Aussi, dès l’automne 2008, j’ai commencé à esquisser un roman de science-fiction, intitulé Le Jeu du démiurge, et dont la rédaction a commencé le 11 septembre 2009. La conception, la rédaction et la réécriture de ce roman à l’univers complexe, un peu à cheval entre la science-fiction, l’aventure et la fantasy, m’ont accompagné pendant tout mon parcours doctoral. Le Jeu du démiurge a constitué un contrepoids à la rédaction de ma thèse. Il m’a permis de me rendre jusqu’au bout !

Boreal2011

Alain Ducharme, Valérie Bédard, Pascale Raud, Philippe-Aubeart Côté et Jonathan Reynolds,
congrès Boréal 2011

(Montréal, 14 mai 2011)

Après avoir effectué le dépôt final de ma thèse, j’ai quitté Montréal pour Québec à la fin 2012, afin de travailler au gouvernement du Québec comme conseiller en éthique.

En mars 2013, je rencontrai un charmant asiatique, fan d’anime et de films d'épouvante, qui allait devenir mon compagnon de vie. Nous vouons tous les deux un culte au film Histoire de fantômes chinois.

Trois jours après notre rencontre, les Éditions Alire acceptaient officiellement Le Jeu du démiurge.

Après direction littéraire, le roman sortit le 17 septembre 2015.

 
8) Et après…?

Bien entendu, c’est loin d’être fini :-) Le Jeu du Démiurge est à peine sorti en librairie que je suis déjà embarqué dans mon prochain roman (le premier jet a été rédigé à l'été 2015). J'ai même déjà choisi le projet de roman qui sera rédigé à l'été 2016. De quoi parleront-ils? Restez à l’écoute pour le savoir!

 


[1] Le titre de cette section est un clin doeil à lautobiographie dH.G. Wells, publiée en 1936 et porteuse du même titre.

[2] Aujourdhui larrondissement de Chicoutimi de la Ville de Saguenay.

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