Quelques souvenirs sur les dessous d’Abîmes

Hier, mon ami Jonathan Reynolds a remporté le prix Aurora-Boréal 2021 du meilleur roman pour Abîmes! 😃 Bravo! 🥳

Maintenant, la prophétie est accomplie! 😈 (J’y reviens plus bas.) 😝

C’est l’aboutissement d’une odyssée qui a commencé il y a quelques années, et dont j’ai vu les balbutiements. Cela fait drôle de voir le résultat final et de se rappeler une autre époque, pas si lointaine, mais qui semble parfois appartenir à une autre ère, où Jonathan était arrivé avec quelques feuillets d’une histoire qui s’appelait alors Les Suicidés.

À l’époque, j’habitais un petit 1½ sur le boulevard Pie IX à Montréal, entre la rue Mont-Royal et le boulevard Saint-Joseph, face au Jardin botanique. J’y ai habité de 2006 à 2012 pour faire mon doctorat en bioéthique à l’Université de Montréal. Si je me souviens bien, j’ai rencontré Jonathan pour la première fois au printemps 2008 lors d’un événement des revues au Salon du livre de Québec. Environ deux ans plus tard, Jonathan et Julie, sa conjointe, ont déménagé à Montréal… dans un appartement situé sur la rue Jeanne d’Arc, parallèle au boulevard Pied IX, entre la rue Mont-Royal et le boulevard Saint-Joseph! C’était un pur hasard, mais nos immeubles respectifs étaient pratiquement en diagonale! (On plaisantait qu’on pouvait se crier des bêtises d’un balcon à l’autre, à travers les arbres! 😂 )

Cette proximité a permis plusieurs discussions, plusieurs sorties (mémorable visite à l’exposition sur le peintre Otto Dix, notamment) et plusieurs soupers à rire à s’en tenir les côtes – surtout quelques fondues mémorables, dont l’une en pleine panne d’électricité! Sans oublier plusieurs prêts de livres ou de films – j’ai écouté en boucle la copie de Labyrinthe de Julie en rédigeant ma thèse.

Et pendant cette période, Jonathan m’est arrivé avec quelques feuillets d’une histoire en chantier intitulée Les Suicidés. Je n’étais pas fan de musique métal du tout, mais il voulait avoir mon avis de profane, en plus de l’avis des autres qui s’y connaissaient mieux et avaient déjà commenté le texte.

J’ai lu le texte, et celui-ci a donné lieu à plusieurs discussions – le genre où l’on s’amuse à creuser les diverses possibilités d’un récit et à l’amener dans toutes sortes de directions impossibles. Un peu à la manière dont les détectives amateurs dans certains films extrapolent plusieurs scénarios fous pour résoudre un crime mystérieux. Je me souviens qu’on a passé un après-midi à fouiller dans la Bible et d’autres livres religieux, une soirée à regarder un documentaire sur le Métal pour prendre des notes, et une autre à étudier certains extraits du film Amadeus (si si). On a brassé toutes sortes d’idées à l’époque. Et Jonathan d’explorer ensuite toutes sortes de possibilités. Quand il est arrivé avec l’idée d’inclure le drame de Saint-Jean-Vianney dans le passé de son histoire, je me suis dit qu’il tenait quelque chose de vraiment intéressant!

Je n’ai pas lu les versions ultérieures des Suicidés, devenus ensuite Abîmes, mais au fil du temps je m’informais régulièrement de la progression du petit projet, auquel Jonathan travaillait à travers ses autres productions, et qui est devenu plus gros, pour finalement devenir ce roman publié il y a un an.

Maintenant, la prédiction associée à la « Photo de la prophétie », comme on la surnomme, est accomplie : les trois personnes dessus ont non seulement publié chez Alire, mais ont toutes les trois un prix Aurora-Boréal pour la meilleure nouvelle et un autre pour le meilleur roman. 😁

Que vont-elles maintenant vous réserver? Même les augures l’ignorent! 😈 À suivre… 😁

3 commentaires sur “Quelques souvenirs sur les dessous d’Abîmes

  1. Merci de nous partager la synthèse de l’oeuvre! Ça démontre à quel point il faut être patient et que le travail d’écriture fictionnel est un boulot de longue haleine!

    Aimé par 1 personne

    1. @Yannick : oui, c’est un travail de longue d’haleine, mais aussi de remue-méninges, de folies, de moments à se poser des questions « et si on fait ça? ou si on fait plutôt ça? ». Et c’est aussi un travail où la coopération entre auteurs et auteures prend tout son sens, parce que de l’émulation mutuelle peut jaillir des brasiers entiers! (Brasiers constructeurs, certes, mais… 🙂 ) Sur ce plan, j’aime bien la notion de « coopétition » avancée par Dominic Bellavance, qui montre que les auteurs et auteures, surtout dans le milieu de l’imaginaire, ont tout intérêt à entretenir de bonnes relations, à émuler en groupe…

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