Bio


Écrivain d’Horreur et d’horreur queer

p-A Côté

Dans la première vidéothèque de Chicoutimi, la section des films d’horreur se trouvait à angle droit avec celle des cassettes pour enfants. D’un côté, les Schtroumpfs et les Cités d’Or. De l’autre, Pinhead et Freddy.

C’était le milieu des années 1980, à l’ère du VHS.

Parmi ceux-ci, une vidéo intitulée Vive Halloween (Disney’s Halloween treat). D’une durée d’environ quarante-cinq minutes, la cassette reprenait l’intégrale d’une émission télédiffusée le 30 octobre 1982. Elle s’ouvrait sur une sarabande de squelettes dansants, avant d’enchaîner diverses scènes effrayantes tirées de courts-métrages mettant en scène Mickey, Donald et Dingo, ou divers extraits de longs-métrages au détour desquels l’on croisait la sorcière de Blanche Neige ou la divine Cruella… L’apothéose du programme : la poursuite mythique d’Ichabod Crane par le Cavalier sans tête.

C’était le premier vrai contact entre Philippe-Aubert Côté, l’Halloween et l’horreur. Et il a adoré.

Par la suite, Philippe-Aubert a été impressionné par un escalier en flammes dans The Changeling, qui passait à la télévision un après-midi. Puis il y eut le fantôme d’Eva Galli dans Ghost story. Et Rody McDowall aux prises avec Chris Sarandon dans Vampire… vous avez dit vampire? Puis à la fin du primaire, la rencontre avec L’Étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde, de Robert Louis Stevenson, une lecture qui allait lui montrer comment, par le biais de la science-fiction et de l’horreur, on pouvait soulever d’importantes questions philosophiques.

Au terme d’une adolescence au Séminaire de Chicoutimi, pendant lequel il a découvert Histoires de fantômes chinois et commencé à écrire, Philippe-Aubert Côté a fait des études en biologie avant d’accomplir de 2006 à 2012 un doctorat en sciences biomédicales, option bioéthique, à l’Université de Montréal. C’est pendant cette période qu’il a commencé à publier dans les pages de la revue Solaris des récits relevant surtout de la science-fiction et dotés d’une indéniable dimension queer, tout en explorant la section épouvante de la défunte Boîte Noire. Grâce à ce mythique club vidéo, il pouvait enfin retracer et visionner des films dont les pochettes lui avaient fait de l’œil dans la première vidéothèque de Chicoutimi!

Après un passage par Québec, où il a rencontré son amoureux Francis et publié un premier diptyque de science-fiction primé (Le Jeu du Démiurge, prix aurora-boréal 2016 du meilleur roman), Philippe-Aubert est revenu à Montréal, où il a publié un roman de fantasy urbaine (Le Sculpteur de vœux) avant de s’orienter vers l’horreur. En 2024, il a animé un premier atelier de création horrifique, L’Atelier de minuit, cocréé avec son conjoint, pour partager sa passion.

Harlan Ellison affirmait qu’un auteur devrait maîtriser (ou à tout le moins essayer de maîtriser) trois genres littéraires.

Même si l’Horreur apporte maintenant à Philippe-Aubert des défis plus passionnants que ses premières amours, son parcours en science-fiction et en fantasy, sans oublier son intérêt toujours actuel pour les mangas et l’animation japonaises, lui servent chaque jour passé à explorer l’écriture horrifique.

Tout doit servir à tout.

Fait avec w.link

Crédit photo : Ray Création Style Montréal