Fantasy

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Source : Pixabay

Table des matières

  • La fantasy, c’est quoi?
    • Concepts clés
  • Mon grain de sel
    • Romans de fantasy : quelques exemples
  • Quelques définitions de la fantasy
  • Références

La fantasy, c’est quoi?

Votre récit comporte un élément extraordinaire pour le lecteur, mais pas pour vos protagonistes. Si cet élément extraordinaire est, dans le récit, expliqué par la magie (ou d’autres forces surnaturelles), et que cette magie (ou ces forces) appartient aux lois fondamentales de l’univers qui sert de décor à votre intrigue, votre histoire relève de la fantasy.

En fantasy, l’extraordinaire et la magie sont compatibles avec les lois de la nature que connaissent les protagonistes, mais pas celles de l’univers du lecteur.

Pour justifier l’existence d’un système de lois magiques, les récits de fantasy vont souvent se situer dans un monde secondaire, relié ou non au nôtre, dans lequel la magie fait partie des lois dites « naturelles ». Si le monde d’Harry Potter et le monde Narnia sont liés au nôtre (des humains comme vous et moi peuvent y pénétrer), ce n’est pas le cas de plusieurs royaumes de fantasy, situés manifestement dans un autre monde que le nôtre et sans référence explicite à la Terre (par exemple, la Terre du Milieu de Tolkien ou le monde d’Akbar dans la Quête de l’oiseau du temps). (Je sais que certains fans théorisent que la Terre du Milieu serait en fait située dans notre passé, mais dans le récit de Tolkien lui-même, il n’y a guère de suggestions explicites en ce sens, contrairement à Harry Potter ou Narnia.)


Concepts clés

  • Élément extraordinaire.
  • Compatibilité avec les lois naturelles du monde où se situe l’action.
  • Recours à la magie ou à des forces surnaturelles pour expliquer l’extraordinaire.
    • La magie ou ces forces surnaturelles appartiennent aux lois naturelles du monde où se situe l’action.
  • Recours à un monde secondaire relié (ex.: le monde de Narnia) ou non (ex.: la Terre du Milieu) à celui du lecteur.

Mon grain de sel

Qui dit « fantasy » pensera sans doute au Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien. Mais la fantasy est beaucoup plus. Si la fantasy la plus commune présente des univers calqués sur l’Europe moyenâgeuse, on recense beaucoup de romans qui s’inspirent d’autres époques et d’autres cultures : ainsi, Avatar : le dernier maître de l’air combine la Chine ancienne, la révolution industrielle et un système magique basé sur les quatre éléments, le tout dans un monde à la géographie manifestement non terrienne. Perdido Street Station de China Miéville reprend plusieurs traits de l’époque victorienne dans un monde alternatif déjanté, peuplé de créatures étranges. Neil Gaiman, enfin, n’hésite à truffer notre propre réalité d’êtres bizarres et excentriques. Sans oublier J.K. Rowling et le monde d’Harry Potter, qui présente une cohérence qu’on ne peut qu’envier !

Personnellement, la fantasy m’intéresse plus quand elle joue avec d’autres époques et d’autres références que l’Europe du Moyen Âge.


Romans de fantasy : quelques exemples


Quelques définitions de la fantasy

JACQUES BAUDOU (d’après Thymm, Boyer et Zahorski)

La fantasy est un genre littéraire composé d’oeuvres dans lesquelles des phénomènes surnaturels, irrationnels jouent un rôle significatif. Dans ces oeuvres, des événements arrivent, des lieux ou des créatures existent, qui ne peuvent arriver ou exister selon nos standards rationnels ou nos connaissances scientifiques. […] La magie joue dans la fantasy un rôle essentiel, crucial (encore que réduit dans certaines oeuvres) : on a souvent comparé la science-fiction et la fantasy en remarquant que le rôle joué par la magie dans cette dernière équivaut à celui joué par la science dans la S.-F.

ÉDITIONS LES SIX BRUMES

L’action se situe dans un monde irréel. Les phénomènes surnaturels sont présentés comme naturels dans la fantasy. L’histoire se déroule généralement au passé. Exemple : Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter, Amos d’Aragon, Star Wars (eh oui, c’est un univers magique, très différent du nôtre!), Conan le Barbare.

PATRICK MARCEL

La fantasy, elle, regroupe les fictions dépeignant le surnaturel dans un autre monde matériel que le nôtre, un monde qui présente souvent des disparités radicales avec celui que nous connaissons. Mais il pourra également lui ressembler en surface. Au lecteur de déceler les points de divergence et de juger en fonction d’eux. Dans un roman de fantasy, la population dans son ensemble admet sans discuter l’existence de la magie, par exemple. […] Notons que la fantasy, tout comme la science-fiction, aborde plutôt les liens qui unissent l’individu à la société qui l’entoure, tandis que le fantastique traite de problèmes individuels, d’une métaphysique intime de l’individu, de ses rapports avec le réel : la vie, la réalité et la folie, la mort….Il représente un refug instinctif face à l’angoisse […].

STÉPHANE MANFRÉDO

[La Fantasy est un] genre voisin de la science-fiction qui se situe dans le passé. Il développe des récits d’aventures et d’initiation marquée par la magie.

JEAN PETTIGREW ET CLAUDE JANELLE

Fiction cohérente, située dans notre monde ou dans un monde sans relation avec le nôtre, qui intègre un ou des éléments qui, pour le lecteur, sont irrationnels, mais dont la présence ne provoque aucune rupture de la normalité chez le protagoniste puisqu’ils sont rationnels dans son univers propre.

Sous-genres de la fantasy

Tout comme la science-fiction, la fantasy peut se décliner en plusieurs facettes, selon les thèmes abordés et les types d’univers où ont lieu les récits. Plusieurs classifications des sous-genres de la fantasy existent, vous en trouverez de très intéressantes sur le Web. Ici, je vous en cite trois.

La première est issue de Manfrédo (2005: 123-124) :

  • Heroïc Fantasy : l’épopée guerrière d’un héros solitaire dans les univers archaïque de la fantasy.
  • Merveilleux : récits se déroulant dans des temps fabuleux, dans des mondes totalement imaginaires, où le surnaturel conditionne harmonieusement le réel.
  • Space Fantasy : courant où la science et la technologie de la science-fiction rencontrent la magie et les modes de pensées de la fantasy.

La seconde vient de l’ouvrage de Lainé et Delzant (2007: 52) :

  • La dark fantasy est un sous-genre présentant des personnages plus désespérés, moins héroïques.
  • Le conte a souvent une portée morale. Peter Pan ou Harry Potter entrent dans cette catégorie.
  • Le merveilleux, où réapparaissent les figures classiques du conte de fées (sorcières, licornes), est assimilé au folklore et aux légendes.
  • L’asiatic fantasy est un sous-genre qui explore l’esthétique de la Chine et du Japon médiévaux.

Enfin, Jacques Baudou (2009 : 9-10) offre un panorama des plus intéressants : l’heroic fantasy, la fantasy épique, la fantasy urbaine, la fantasy humoristique, la fantasy arthurienne, la fantasy animalière, la fantasy exotique… Sans oublier les « mavericks », les oeuvres originales et parfois inclassables, comme celles de Neil Gaiman. L’intérêt de l’ouvrage de Baudou, outre son exhaustivité, réside aussi dans l’extension de l’étude de la fantasy à l’art, aux films et aux jeux vidéo.

 

Références

Baudou, J. (2009). L’encyclopédie de la fantasy. Éditions Fetjaine.

Éditions Les Six Brumes. FAQ. Récupéré le 2015-01-06 à : http://www.sixbrumes.com/foire-aux-questions/

Janelle, C. (2011). Le Daliaf. Dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française. Lévis : Alire : xi.

Lainé, J.-M. & S. Delzant. (2007). La création d’un univers de fiction. Paris : Eyrolles.

Manfrédo, S. (2005). Idées reçues : la science-fiction. Paris : Le Cavalier Bleu.

Marcel, P. (2002). Atlas des brumes et des ombres. Paris : Gallimard : 12-13.

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