Le Fantôme dans le Mécha

Solaris184_Le fantome dans le mecha

Titre original : Le fantôme dans le mécha

Genre : Science-fiction

Année : 2012

Publication : Solaris 184

Site de l’éditeur : http://www.revue-solaris.com/numeros/184-automne-2012/

Republié en 2017 sur la République du Centaure : http://republique.sixbrumes.com/2017/01/27/le-fantome-dans-le-mecha-de-philippe-aubert-cote/


Qu’aimeriez-vous dans cette histoire?

Les clins d’œil à Asimov. Le jeu créatif avec des connaissances scientifiques récentes. Un monde de robots assez bigarrés.

Résumé

Après la disparition des humains, l’Octant, un empire de bio-robots, règne sur un système planétaire dominé par une géante rouge.

Sur Anachéron, la deuxième planète du système – si proche de son étoile qu’elle lui présente toujours la même face – Néolème et Théo, les fils du seigneur d’Irénosthène, grandissent en compagnie de Rhupan, le fils du chef des Neiji, une tribu de robots samouraïs. Les trois amis se sont jurés fidélité, mais à l’âge adulte, des négociations entre leurs nations et le retour possible des humains mettront à mal leur relation…

Revue de presse

Philippe Aubert-Côté signe, à mon sens, la meilleure nouvelle du numéro. “Le fantôme dans le mécha”passe le carcan asimovien, se place d’emblée dans une science-fiction plus actuelle avec un langage plus recherché, nous plongeant dans une ambiance beaucoup plus technologique. […] Un peu comme avant, l’homme est censé avoir disparu, laissant sur la planète les robots vivre leur propre existence. Pourtant, leur comportement se rapproche assez de celui de leurs géniteurs. Entre eux, ils ressemblent finalement à des requins ne se faisant pas de cadeaux. […] Originale, elle explore la psychologie des machines livrées à elles-mêmes. Les trois lois peuvent-elle y survivre ?

Yozone

Le fantôme dans le mécha, de Philippe-Aubert Côté : Théo, Rhupan et Néolème sont amis. Et qu’importe s’ils appartiennent à des nations différentes et possiblement ennemies ? Ce beau texte typique de Côté, qui apparemment a le goût de brouiller les frontières entre les espèces, parle de la tolérance et de la communication entre espèces différentes, bien sûr, mais aussi, et c’est sans doute son aspect le plus « asimovien », d’Histoire et d’évolution, tout en brossant le tableau d’une société étrange mais crédible. A mon avis l’un des meilleurs textes de la revue.

Les chroniques de l’imaginaire

Quelques mots également sur « Le fantôme dans le mécha », de Philippe-Aubert Côté, qui propose une variation originale et surprenante sur le thème des robots. Dans ce texte soigneusement écrit, avec une grande précision dans le style (malgré un tantinet trop d’adjectifs), l’auteur nous présente Néolème, Rhupan et Théo, des robots unis par de solides liens amicaux. Mais ils devront réfléchir sur la nature des liens qui les unissent à mesure qu’ils feront certaines découvertes…

Le voyage insolite

Origines de cette histoire

Le fantôme dans le mécha est particulier pour deux raisons: 1) c’est le premier texte écrit « sur commande » que j’ai publié et 2) c’est un texte-hommage à Isaac Asimov, auteur dont j’aimais plus ou moins les écrits – qui n’ont pas tous bien vieilli, il faut l’admettre – mais que j’ai appris à respecter en accomplissant ma revue de littérature pour ce projet. Le bonhomme était des plus fascinants et si son œuvre n’est pas à imiter, elle mérite qu’on s’y penche un instant. En fait, je dirais que tout aspirant écrivain de science-fiction a le devoir de se pencher sur l’œuvre d’Asimov à un moment de son cheminement.

Quand on m’a proposé de pondre un texte-hommage à Asimov, j’ai hésité : je n’avais lu que le premier tome de Fondation et le début des Cavernes d’acier, et si j’avais trouvé ces textes faciles à lire, je les trouvais horriblement datés et naïfs. Néanmoins, comme on m’a tout de suite assuré que je n’étais pas obligé de pasticher Asimov, que je pouvais partir de ses thèmes pour rédiger l’histoire qui me plaisait, j’ai accepté. Une variation sur des thèmes connus, ça, ça me plaisait.

J’ai donc lu Fondation jusqu’à la fin, puis les Cavernes d’acier, puis quelques nouvelles, en plus de me pencher sur les textes que le bon docteur avait lui-même rédigés pour expliquer son approche littéraire. J’ai relu certains passages de la thèse que Kim Stanley Robinson consacre à Philip K. Dick, où il est question d’Asimov et de son époque. J’ai passé en revue ma bédéthèque pour en extraire les albums traitant de robots. Le tout avant de passer quelques heures en bibliothèque (Bibliothèque Nationale et Université de Montréal) pour trouver livres et articles savants sur les dernières recherches en robotique. Principal constat : peu importe qu’on lise un article de vulgarisation sur les robots ou une publication universitaire pleine d’équations consacrée au même sujet, Asimov est omniprésent. Si les roboticiens et les experts en IA ne citent pas ses fameuses trois lois quelque part, on peut être sûr qu’une allusion à son œuvre surgira au détour d’un paragraphe.

En arrière-plan de mes recherches documentaires, les étudiants en colère envahissaient chaque soir les rues de Montréal, des carrés rouges épinglés à la poitrine, et les bruits des casseroles accompagnaient chaque coucher du soleil. Une fois, je suis sorti sur ma propre terrasse pour me joindre à eux et cogner sur ma marmite à spaghettis. 🙂

Je me demandais quelle histoire rédiger lorsque, dans le métro, j’ai lu un passage intéressant sur la genèse de Fondation : Asimov aurait été, à ce qu’il dit, inspiré par une citation extraite au hasard d’un opéra de Gilbert et Sullivan. Coïncidence, en février, j’avais exploré l’œuvre des deux compositeurs britanniques après avoir visionné le film Topsy-Turvy (un peu trop long, mais bien fait et avec des acteurs géniaux). Topsy-Turvy relate la création mouvementée du Mikado, réputé comme étant l’opéra le plus célèbre de Gilbert et Sullivan. S’il n’est pas le plus célèbre, le Mikado est sûrement très original : dénué de la magie fréquente dans les œuvres du fameux duo, cet opéra en deux actes propose une histoire située dans le Japon de l’ère Edo, avec des personnages uniquement japonais (quoique réinventés pour les besoins de la pièce).

L’irruption inopinée de Gilbert et Sullivan dans mes lectures sur Asimov m’amusa, puis je me remémorai la visite que j’avais effectuée en juin dernier au musée de Pointe-à-Callière pour admirer la collection du Dr Béliveau sur les samouraïs. Par boutade, je me suis dit « Tant qu’à y être, pourquoi pas une histoire sur des robots asimoviens qui préparent une pièce sur des robots japonais? » (Le noir assis à côté de moi dans le métro m’a jeté un coup d’oeil de travers, sans doute avais-je parlé à voix haute, et ma remarque, prise hors contexte, n’avait sûrement rien de rassurant…)

Puis là, ça m’a frappé.

Les robots qui ont bercé mon enfance, qui ont marqué ma génération, ils étaient surtout japonais – soit entièrement, comme Astroboy, soit d’inspiration japonaise, comme les Transformers dont j’avais pu écouter les épisodes sur la télévision câblée de ma grand-mère. Demandez aux gens de trente cinq à vingt-cinq ans : les robots qu’ils ont connus en premier, ce sont les Goldorak et compagnie… Ceux de Star Wars aussi, mais je suis sûr que beaucoup d’entre eux mentionneront spontanément les dessins animés du samedi matin ou de Canal Famille…

Alors je me suis dit que j’allais mettre en présence les robots de deux générations: ceux de ma génération, très inspirés par les anime, et ceux de la génération de mes parents et des autres contributeurs du numéro, surtout inspirés par Asimov. Plutôt approprié pour un auteur qui s’est finalement révélé être le plus jeune de ce numéro spécial… 😉

Confronter deux générations de robots (rebricolés par mes soins, certes) a été mon point de départ. J’ai cependant gardé une deuxième contrainte, soit conserver l’une des planètes décrites dans Fondation. En fait, j’ai pris un type de planète (les « mondes-rubans ») que le bon docteur avait conçu avec les connaissances de son époque, et dont j’ai actualisé la description en fonction des découvertes récentes dans le domaine. Puis je suis allé de l’avant en écrivant une histoire qui me plairait. Cela a donné Le fantôme le mécha.

Références

Gélinas, A. (2012). Critique du Solaris 184. Texte d’une présentation faite dans le cadre de l’émission radiophonique « Le voyage insolite ». Récupéré le 2014-11-07 à : http://herelys.blogspot.ca/2012/11/le-voyage-insolite-emission-du-5.html

Mureliane. (2012). Critique du Solaris 184. Les chroniques de l’imaginaire. Récupéré le 2014-12-07 à : http://www.climaginaire.com/index.php/climaginaire/Revue-fanzine/Revue/Solaris-Numero-184

Schnebelen, F. (2012). Critique du Solaris 184. Yozone. Récupéré le 2014-12-07 à : http://www.yozone.fr/spip.php?article15230

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