Pour l’honneur d’un Nohaum

Solaris176_Pour l'honneur d'un Nohaum

Titre original : Pour l’honneur d’un Nohaum

Genre : Science-fiction

Année : 2010

Publication : Solaris 176

Site de l’éditeur : http://www.revue-solaris.com/numeros/176-automne-2010/

Prix Aurora-Boréal 2011 de la meilleure nouvelle.

Traduit en russe dans la revue Supernova 45-46 (2014). (http://www.revue-solaris.com/livres-recus/supernova-45-46/)


Qu’aimeriez-vous dans cette histoire?

Un récit d’aventures à la sauce SF. Des personnages bigarrés et attachants. De la romance.

Résumé

Après l’Hyperchaos, les humains ont pratiquement disparu de la surface de la Terre, remplacés par plusieurs races de néomorphes. Éparpillés aux quatre coins du monde, les posthumains s’organisent, reconstruisent la civilisation et se lancent dans le recyclage des cités en ruines qui se dressent au cœur de territoires redevenus sauvages. Neptah Horakthy, un Nohaum aux idées humanistes, accepter d’accompagner des hommes-bêtes et des hommes-arbres dans une expédition visant à planifier le recyclage de Moscou. Le voyage sera plus difficile que prévu à cause des souvenirs qui hantent, littéralement, les lieux. Sans oublier les mutants qui s’y terrent…

Revue de presse

Philippe-Aubert Côté est un des auteurs les plus intéressants de la relève de la science-fiction” nous dit Joël Champetier dans son éditorial. Effectivement, nous l’avions déjà remarqué dans le n°168 avec deux textes, l’un purement fantastique, Sa Vie au bout des pinceaux, et un second, Le Premier de sa lignée, authentiquement SF lui, sorte de polar se déroulant dans un monde peuplé d’hommes-animaux. Côté retourne dans cet univers étrange et l’explicite : après l’”hyperchaos”, l’Humanité est remplacée par des créatures semi-animales créées par l’Homme, les néomorphes, lesquelles tentent de refonder la civilisation. Au cours d’une mission dans Moscou, ravagée et ensevelie sous la végétation, une équipe rencontre des mutants mais aussi …des hommes. Une nouvelle longue (54p.), éblouissante, bouleversante à la fin. De la SF à son plus haut niveau.

Phénix Web

Philippe Aubert-Côté tente une vraie novella d’aventure […]. […] Le paysage est très fort, l’intrigue prenante, les personnages souvent bien campés. […] l’ensemble cogne, et autant d’ambition, d’idées de pure S-F et d’envie de narration font plaisir à lire.

Bifrost

Cette longue nouvelle construit l’ambiance sans nuire à l’action, ni aux personnages, même si ceux-ci ont un petit quelque chose de stéréotypé. On y retrouve le talent de Côté, dont personnellement je lirais volontiers quelque chose de plus long, ses Ourags et Nohaums me paraissant bien prometteurs.

Les chroniques de l’imaginaire

À la lecture de [Pour l’honneur d’un Nohaum], on peut se sentir un peu frustré de constater que cette histoire est visiblement un petit élément d’un tout plus grand qui est encore à écrire. Cependant, moi ça m’a surtout mis l’eau à la bouche pour la suite! 🙂 D’autres pourraient reprocher à Philippe-Aubert son écriture très contrôlée, lente et en demi-teinte. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée. Au contraire : au coeur de la novella se trouvent deux personnages, Arihann l’Ourag et Neptah le Nohaum, dont les émotions méritaient d’être décrites avec beaucoup de subtilité pour que l’histoire fonctionne. Et, de mon point de vue, c’est mission accomplie. […] Faut aussi que je glisse un mot au sujet des combats : je suis fort critique à ce sujet et Philippe-Aubert a très bien réussi son coup en les gardant courts et légèrement flous. Selon moi, ce fut du beau boulot d’un bout à l’autre que cette histoire, quoi! 🙂

La plume ou le poing

Origines de cette histoire

Pour l’honneur d’un Nohaum a remporté le prix Aurora-Boréal de la meilleure nouvelle en 2011. Fait intéressant, dans une petite enquête ad hoc réalisée pour les 40 ans de Solaris, Mario Tessier mentionne que plusieurs répondants ont indiqué ce texte parmi ceux qu’ils adoraient. On me demande souvent si je vais revenir à l’univers de Neptah et Arhiann un jour. Assurément. Je n’en ai pas fini avec eux! (Pour tout dire, je projette de faire une petite série avec une version remaniée de leur monde… mais chut! Je n’ai rien dit et vous n’avez rien entendu! 😉 )

Les personnages de Neptah et Arhiann sont antérieurs à Pour l’honneur d’un Nohaum. Issus d’un univers que j’avais commencé à esquisser pendant ma maîtrise à l’UQAC, je les avais mis en scène une première fois dans Pièces manquantes, une nouvelle refusée par Solaris qui m’a valu néanmoins une recommandation pour l’atelier d’Élisabeth Vonarburg. Lors du second atelier auquel je participai, à l’été 2008, je décidai de donner une nouvelle chance à Neptah et Arhiann, d’autant plus que les néomorphes mis en scène dans Le Premier de sa lignée m’avaient fourni une explication plausible à leur univers. Je repensai celui-ci, l’étoffai, et produisis un texte-essai de 15 pages. Tous les éléments de base y figuraient déjà : Neptah, Arhiann, le méchant Ter-Holf, Renardeau, et une expédition en vue de recycler une ville – New York dans la première version, Moscou dans la seconde. Après réécriture, ce texte-essai devint la novella publiée en 2010.

Pour cette novella, je m’étais lancé un défi : raconter une histoire d’amour sans jamais mentionner explicitement le lien qui s’établit progressivement entre Neptah et Arhiann. Le lecteur devait comprendre par lui-même ce qui se passait, uniquement à partir des actes des personnages et de leur comportement. Ceux qui lisent sur l’art d’écrire ou participent à des ateliers vont souvent entendre parler de la tension entre le « dire » et le « montrer ». Un récit convaincant va vous montrer l’amour (ou l’horreur) en action et vous comprendrez vous-mêmes que vous êtes face à l’amour ou l’horreur. En revanche, si l’auteur doit vous dire que les événements qu’il relate sont une scène d’amour ou une scène horrible, et qu’en plus le contenu de cette scène ne colle pas avec ce qu’il en dit, il y a problème! Quand il aborde la genèse de Misery dans son essai sur l’écriture, Stephen King consacre d’ailleurs quelques passages intéressants à cette problématique. Tous les aspirants auteurs, à mon sens, doivent lire ces passages!

Références

Blouin, G. (2011). Critique du Solaris 176. Blogue « La plume ou le poing ». Récupéré le 2014-12-06 à : http://laplumeetlepoing.blogspot.ca/2011/01/solaris-176.html

Day, T. (2011). Critique du Solaris 176. Bifrost 61. Récupéré le 2014-12-06 à : http://www.noosfere.org/icarus/livres/niourf.asp?numlivre=2146578331

King, S. (2000). Écriture, mémoire d’un métier. Paris : Albin Michel.

Mureliane. (2010). Critique du Solaris 176. Les chroniques de l’imaginaire. Récupéré le 2014-12-06 à : http://climaginaire.joueb.com/news/solaris-numero-176

Peeters, B. (2011). Critique du Solaris 176. Phenix Web. Récupéré le 2014-12-06 : http://www.phenixweb.net/SOLARIS-no-176

Tessier, M. (2014). Enquête sur les classiques de science-fiction. Solaris 192 : 130-146. [N.B. La mention de Pour l’honneur d’un Nohaum se trouve à la p. 141.]

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