Revue de presse

Bien qu’il en soit à ses premières armes dans l’univers du récit romanesque, Philippe-Aubert Côté ne fait aucune concession dans Le jeu du démiurge (Alire), osant proposer aux lecteurs un univers de science-fiction gorgé de détails et affranchi des canevas. Diplômé en sciences biomédicales, l’auteur met ses connaissances au service d’une intrigue posthumaniste enlevante.

Anonyme – Les Libraires

 

Dès les premières lignes, Le Jeu du Démiurge déconcerte par sa densité. L’abondance des noms de lieux, des personnages, des graphies bizarres et des néologismes force notre attention. Puis les concepts se mettent en place et on se laisse entraîner, à la suite de Takeo, sous les frondaisons lumineuses des arbres à gemmes. […] De superbes néologismes […] présentent des concepts science-fictifs qui nous amènent aux frontières de la fantasy. Bref, on sent tout le travail que Philippe-Aubert Côté a consacré à la création de son univers. Lorsqu’on a lu ses oeuvres précédentes, ce n’est pas une surprise (l’auteur est connu pour le soin maniaque avec lequel il mène ses recherches), mais le résultat, toujours introduit avec subtilité, à petites doses, force l’admiration!

Geneviève Blouin – Solaris

 

[…] Côté nous offre ici une première oeuvre aboutie, foisonnante et complexe, qui demande un investissement total du lecteur. Celui-ci se voit récompensé par une histoire trépidante, sur fond de colonisation, de quête d’éternité et de dilemmes moraux. Avec ce diptyque, Côté prouve qu’il a l’étoffe d’un très grand auteur de science-fiction. Nous ne pouvons qu’espérer qu’il ne fera pas trop languir ses lecteurs avant de leur proposer de le suivre encore une fois dans l’imaginaire démesuré qui semble être le sien.

Pierre-Alexandre Bonin – Brins d’Éternité

 

Cette transposition super-scientifique d’épisodes de la Genèse biblique et de son équivalent grec sur un monde vierge contredit le mythe par son humanisme : elle glorifie non la soumission des créatures aux créateurs, mais la révolte des premières, même si elles sont aidées d’un transfuge. Par là, par son amour pour les Mikaïs, Rumack ressemble plus à Prométhée qu’à Lucifer – mais ce dernier n’aurait- il pas été calomnié par les prêtres juifs vendus au dieu vengeur au point de réécrire le mythe? Grosse différence, le voici réhabilité. Et la guerre de libération des Mikaïs est contée avec un certain sens épique. Le début semblera sans doute touffu et épineux au lecteur mais, s’il s’accroche au texte, il sera pris par l’action et par l’humanité des protagonistes, même les plus méchants, et applaudira à la victoire finale. Mais l’épilogue n’annonce-t-il pas un autre conflit, sinon la revanche des Éridanis? Attendons-le avec impatience.

Jean-Pierre Laigle – Galaxie

 

Le roman de Philippe-Aubert Côté se distingue par le soin fascinant qu’il porte à imaginer un univers situé dans un futur lointain (an 3045 de notre calendrier) qui se révèle résolument différent du nôtre dans tous ses aspects. […] l’auteur se distingue par des études en biologie et par une maîtrise [sic] en bioéthique, ce qui l’amène à porter un regard scientifiquement crédible au délire propre à son récit. On pourrait craindre de se perdre, au fil des pages, dans des considérations purement techniques, mais il a, au contraire, su développer de très riches rapports entre les différents personnages auxquels on s’attache rapidement. Malgré l’ampleur de l’ouvrage, il se révèle une source riche d’émerveillements et de réflexions de toutes sortes. Une lecture à la fois fascinante, enlevante et intrigante!

Benoît Migneault – Fugues

 

C’est un très gros roman où foisonnent des péripéties trop nombreuses pour être résumées ici, bourré d’images savoureuses (comme les Grands et les Petits Dalis, des créatures dont je vous laisse comprendre l’origine) et d’une remarquable ambition pour un jeune auteur. Une ambition bien servie par la maturité du récit : l’entrelacs des lignes temporelles et des points de vue constituait un défi de taille, et il a été relevé de main de maître. Le roman est une mosaïque minutieuse dont les détails s’éclairent les uns les autres sans qu’on ne perde jamais le fil de l’intrigue ni de l’évolution des personnages. L’aspect scientifique (c’est de la science-fiction!) n’est jamais un obstacle, pas plus que les différences d’échelle propres au space opera entre le cosmique grandiose (la mission colonisatrice des Éridanis) et les préoccupations très humaines, individuelles, des personnages. Ceux-ci, malgré une étrangeté essentielle dont ils ne se départissent jamais à nos yeux, demeurent compréhensibles, attachants, admirables ou horrifiants – les « méchants » ne sont jamais des découpes monoblocs, écueil habituel des débutants. Philippe-Aubert Côté est assurément l’auteur de la relève SF québécoise qu’il faudra suivre dans les prochaines années. L’avenir aussi est un territoire à occuper.

Élisabeth Vonarburg – Les Libraires

 

Références

Anonyme. (2015). Trois nouveaux auteurs à surveiller. Les Libraires. 90 : 51.

Blouin, G. (2015). Le Jeu du Démiurge. Solaris. 196 : 139-140.

Bonin, P.A. (2016). Le Jeu du Démiurge. Brins d’Éternité. 43(1) : 89-91.

Laigle, J.P. (2016). Le Jeu du Démiurge. Galaxies. 39 : 207-208.

Migneault, B. (2015). Le Jeu du Démiurge. Fugues. 32(10) : 88.

Vonarburg, É. (2015). L’occupation du territoire, et au-delà. Les Libraires. 91: 59

 

 

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